Danse : spectacle de Butô – Juju Alishina

Spectacle de Butô :

Juju Alishina

 

Juju Alishina

Photographe Jean-Claude Flaccomio

J’ai attendu un petit moment avant d’écrire cet article, parce que le Butô est une véritable découverte pour moi. Aussi, je ne voulais pas en parler avant de m’être un peu renseignée, et avant d’avoir regarder les interprétations de plusieurs artistes.

Le Butô, qu’est-ce que c’est ?

Le Butô est une forme de danse contemporaine qui s’inspire fortement du surréalisme et du dadaïsme (qui bouscule les idéologies en place). Cette pratique est née en réaction au traumatisme de la seconde guerre mondiale, afin d’exprimer la souffrance et les tabous de l’époque.

Le principe du Butô est de pratiquer une véritable introspection et de réussir à exprimer ses sentiments profonds grâce au corps. C’est donc plus une performance corporelle qu’une danse dans le sens où, même si la musique a un rôle essentiel dans la représentation, le but n’est pas de présenter une œuvre policée, fluide, où les temps morts n’ont pas leur place, mais plutôt de laisser transparaître ses émotions par le corps et le regard. Pour ce faire, la performance est, de fait, d’une lenteur à laquelle nous ne sommes pas forcément habitués en tant qu’occidentaux.

La délicatesse et le raffinement de Juju Alishina

Juju Alishina

Photographe Jean-Claude Flaccomio

Juju Alishina est connue dans le monde du Butô depuis qu’elle a commencé à le pratiquer en 1982. Elle est une figure importante de la troisième génération de Butô. De ce que j’ai lu, sa façon de danser est très personnelle et fait qu’elle dirige sa propre école pour enseigner sa façon de voir et de pratiquer le Butô. Elle se produit et enseigne également à l’étranger. Elle a commencé par suivre la voie classique du Butô, puis s’est distinguée en s’inspirant du No et du Kabuki (danse-théâtre japonais), ce qui rend la performance plus compréhensible pour les non-initiés.

J’ai regardé d’autres pratiquants du Butô se présenter sur internet, et j’ai tout de suite remarqué que leur style était plus sombre, presque dérangeant. Je suis même tombée sur de nombreuses vidéos où le danseur se présentait nu et se contorsionnait dans tous les sens pour exprimer sa douleur.

J’avoue que je préfère de loin la délicatesse et le raffinement de Juju Alishina, et je suis ravie qu’elle soit celle qui m’a « initiée » au Butô car mon regard aurait certainement été très différent si j’avais assisté à une performance trop brutale.

J’ai le sentiment (confirmé par l’artiste) que Juju Alishina a souhaité rendre ses performances accessibles à tous afin de divulguer cet art au monde entier et de faire connaître cette pratique méconnue, souvent appelée injustement « danse du corps obscur ».

Cette artiste insiste sur le fait que, bien que le Butô serve au départ à exprimer les souffrances liées à la guerre, il est également né pour exprimer tous les sentiments existants, et pas forcément les plus mauvais.

 

Le Butô, c’est « bizarre » ?

Lors de la représentation de Juju Alishina, j’ai rencontré par hasard des personnes que je connaissais, et ai été attentive à leurs réactions. Peu de personnes semblaient réellement subjuguées par le spectacle, le qualifiant de « bizarre » et de « long », et ça m’a un peu agacée que les gens s’arrêtent à ce constat.

Je ne vais pas mentir en disant que j’ai été immédiatement attirée par le Butô, mais étant donné que la performance durait une vingtaine de minutes, j’ai voulu essayer de comprendre l’esprit de cet art et quel était son propos. Je me suis dit que, puisqu’une femme en avait fait sa vie, c’est qu’elle y avait forcément trouvé un intérêt suffisant pour lui consacrer son temps et son énergie.

Du coup, à force d’observation et de patience, et grâce à la vidéo que j’ai faite de la performance, j’ai commencé à comprendre le principe de cet art. J’ai regardé la vidéo de nombreuses fois, presque en boucle, parce que j’ai immédiatement ressenti un intérêt pour cette performance, mais que je ne savais pas l’expliquer.

C’était une sensation très étrange, comme si j’avais inconsciemment saisi quelque chose mais que je n’étais pas capable de dire de quoi il s’agissait.

Ce qui est certain, c’est que le Butô est un art tout à fait différent de ceux auxquels nous sommes habitués, mais comme tout ce qui nous semble « bizarre », il faut parfois chercher à comprendre pourquoi ça existe et pourquoi ça peut être intéressant plus qu’étrange.

Je vous laisse la vidéo de la représentation à laquelle j’ai assisté. Juju Alishina m’a gracieusement autorisée à la publier, et je vous laisse seuls juges de sa performance. Elle m’a précisé que l’éclairage de la pièce ne lui permettait pas de jouer avec la lumière comme elle le fait habituellement puisqu’il s’agissait de spots fixes. Cela explique certains passages un peu longs.

 

Avis personnel

Je suis vraiment très admirative et respectueuse envers Juju Alishina qui présente son art dans plusieurs pays, tout en sachant surement que la plupart des spectateurs auront un regard critique sur sa pratique.

Qu’on aime le Butô ou pas, ce sont des personnes comme elles qui essaient d’éveiller l’esprit des gens, et rien que pour ça elle mérite qu’on lui accorde un peu de temps et d’attention.

Je pense revoir une présentation de Butô si l’occasion se présente, afin de persévérer dans ma découverte.

Photographe Elsa.B

Photographe Elsa.B

Le site internet de son école ici.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Danse : spectacle de Butô – Juju Alishina »

  1. Ich vermisse mein Smoarphrne-Ladegetät schon dann, wenn ich zur Uni nach Oldenburg fahre und weiß, dass ich mehr als eine langweilige Veranstaltung habe… Aber im Urlaub ist mir das nicht sooo wichtig.Meine eigene, vernünftige Matratze fehlt mir auch meistens sehr schnell. Aber am meisten fehlen mir auf Reisen natürlich die Freunde.

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